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SoldSculpture & objets d'art

Joseph Chinard, buste de l'impératrice Joséphine, terre cuite

Est. 10 000 – 15 000 €

Artist
Joseph Chinard (1756-1813)
Period
Époque Premier Empire
Dimensions
H. 29,5 cm
Estimate
10 000 – 15 000 €
Sale
Osenat · Fontainebleau · 1 July 2018
« L’Impératrice Joséphine ». Buste en terre cuite signé sur le piédouche sur le devant « Chinard » et au dos « Chinard/L'institut et membre de plusieurs académies ». Deux trous d’évent. Il s’agit d’un des plus gracieux et délicats portraits sculptés de l’impératrice Joséphine réalisé par le Lyonnais Joseph Chinard (1756-1813) ; il l’a représentée en costume de cour, la robe terminée sur les épaules par une grande collerette appelée alors chérusque et la tête ceinte d’un diadème. Chinard, qui vivait alors à Carrare, a probablement réalisé ce buste lors du séjour que fit Joséphine à Milan entre le 8 mai et le 12 juin 1805, plusieurs bustes étant signés de l’an XIII. Il réalisa à cette occasion les bustes du prince Eugène de Beauharnais et de son épouse Auguste de Bavière, vice-roi et vice-reine d’Italie, dont le musée de Malmaison conserve deux petits bustes également en terre cuite. Chinard entreprit de commercialiser son œuvre et en tira des exemplaires en terre cuite et en marbre. Les petits bustes de Joséphine en terre cuite sont à peu près tous de la même taille et semblent assez peu nombreux ; ils devaient servir de cadeaux que l’impératrice remettait aux personnes de son entourage. Le musée de Malmaison en conserve un exemplaire en terre cuite qui proviendrait du miniaturiste Jean-Baptiste Isabey (MM 70.10.1) et on en connaît une autre version en plâtre bronzé dans une collection particulière. Il connut un tel succès qu’une manufacture de porcelaine parisienne, vraisemblablement celle de Nast, en édita plusieurs copies en biscuit que l’on retrouve sur le marché de l’art et dont un exemplaire est conservé au musée de Malmaison (MM 200.8.1). Notre buste est tout à fait exceptionnel ; en effet il a la particularité de présenter toute une série de petits trous d’évent destinés à évacuer l’eau retenue à l’intérieur de la pièce afin d’éviter qu’elle n’éclate au moment de la cuisson. Ces trous peuvent également servir de repère afin de reproduire le buste en de plus grandes dimensions, comme celui du musée des Beaux-Arts de Montréal, aussi en terre cuite, et qui semble unique avec ses 70 cm de hauteur. À côté de ces bustes en terre cuite, Chinard, alors établi à Carrare, multiplia les exemplaires en marbre. On sait que Joséphine lui acheta le marbre original en 1806 pour 3 000 francs ; peut-être s’agit-il de celui du musée de Malmaison, don de l’impératrice Eugénie en 1906, qui présente des différences dans le costume (MM 40.47.182). Elle lui en commanda par la suite trois répliques payées 2 000 francs pièce, dont peut-être l’exemplaire destiné à son fils, le prince Eugène (Stockholm, National Museum). À côté de ces bustes sortis directement de l’atelier de l’artiste, les établissements carrarais en ont diffusé un certain nombre, de moindre qualité, présentant souvent des variantes dans le costume (Londres, Victoria & Albert Museum ; Ottawa, musée des beaux-arts du Canada ; île d’Aix, musée napoléonien ; Tbilissi, musée d’art de Géorgie).

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